Un dimanche après midi d’avril…

Un dimanche après midi d’avril…

 

L’écrivain voyageur Sylvain Prudhomme nous a promené dans ses propres livres. C’était un dimanche après-midi d’avril entre Lacaze aux sottises et le Château d’Orion. Nous l’avons suivi dans l’Algérie de son grand-père, pour le roman « Là avait dit Bahi », puis à la frontière Mexique/Usa dans « Coyotte », dans l’Allemagne d’après-guerre avec « l’enfant dans le Taxi »,et jusqu’à Orion but de ce périple dans « Par les Routes ». Écrivant ce dernier texte, nous a -t-il raconté, il avait repéré dans une liste des communes de France, des noms qui l’attiraient, sans même les connaitre et décidé de s’y rendre. C’était le cas par exemple d’un village appelé « Camarade », mais aussi d’Orion. Il y a tellement de mythologie dans ce nom qu’on comprend l’attirance qu’il exerce sur un écrivain. Orion ? Ah oui j’accepte volontiers, nous répondent ceux que l’on sollicite. Comme si le rêve secret de tout écrivain était d’y venir un jour. Après Henri de Régnier, Emmanuel Berl, Paul-Jean Toulet, j’en passe et des plus modernes ce paisible village béarnais s’inscrit peu à peu dans une anthologie littéraire. Un érudit local s’attellera sûrement un jour à la tâche, suggérons lui déjà un joli titre bien démodé: « des plumes à Orion ». Orion n’inspire pas que les écrivains, les militaires s’y mettent. De février à avril 2026, l’armée française a engagé « une mission de haute intensité – je cite, exercice inter-armées et multi-domaines pour démontrer ses capacités à conduire un engagement majeur et prouver la résilience nationale ». Mission Orion. Résilience, voilà un mot qui mérite réflexion. Il nous vient du latin en passant par l’anglais comme beaucoup de concepts contemporains. Il s’applique d’abord aux individus, ceux qui savent se reconstruire après un grave traumatisme et grâce à une structure psychique solide. C’est ce que nous a appris Boris Cyrulnik. Si l’armée parle de résilience nationale, il serait urgent qu’elle nous précise à quel traumatisme la nation a été confrontée. On pourra poser la question le 17 mai à l’écrivain Emmanuel Venet qui, ça tombe bien, est aussi psychiatre.

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