Coupe du monde de football – jusqu’au 19 juillet.
Le 7 juin, le journaliste Hubert Prolongeau a dressé un portrait virulent des Etats-Unis et de la trilogie sur laquelle le pays aux 50 états s’est construit: violence, religion et – c’est crucial-communication. Dès le début c’est à celui qui communique le mieux, qui crie le plus fort pour convaincre et si ça ne suffit pas, c’est à celui qui tape le plus fort. Pour célébrer les 250 ans d’une hypothétique naissance (1876), de son pays, le président en titre n’a pas invité ses prédécesseurs encore vivants, à raconter avec lui une histoire commune, non, il a organisé un match géant de MMA, ce combat sans limite (on ne peut pas appeler ça un sport ou alors il faudrait appeler sport les spectacles de gladiateurs romains) et invité des pseudos Jeux olympiques avec drogue. Qui a envie de voir des types s’entretuer (ou faire semblant mais c’est pareil)? Qui a, à ce point, ce culte de la violence? Bien-sûr l’histoire humaine est faite de combats entre mâles surchauffés, mais c’est justement à cela que servent les institutions et les lois: réguler, et surmonter ces comportements pulsionnels. Les voir exaltés par le chef de l’état le plus riche du monde, ne peut que mettre mal à l’aise.
La coupe du monde de foot a lieu aux USA – et accessoirement chez ses voisins le Mexique et le Canada. Longtemps les Etats-Unis se sont désintéressés du football, qu’ils appellent d’ailleurs soccer. Le mot football étant paradoxalement réservé chez eux, à un sport qui se joue avec les mains et les épaules (American football). Depuis la fin du XXème siècle sous l’influence des émigrants venus d’Amérique du sud, le soccer s’y est installé et avec lui, un florissant business de paris en ligne et de blanchiment d’argent. On le sait – on nous le répète assez- l’argent a envahi le football. Joueurs surpayés, clubs aux mains d’hommes d’affaire pour le moins ambigus, chauvinismes exacerbés, trafics humains en tout genre, tout le monde est au courant. Ce qui est extraordinaire c’est que la ferveur populaire reste intacte et qu’il suffit d’un coup de pied magique dans la lucarne d’un Michael Olise ( joueur français du Bayern Munich) pour que tout soit pardonné. Le Président américain – qui affiche les trois qualités précitées – violence, religion et sens de la communication- l’a parfaitement compris. D’autres aussi qui manipulent les foules comme on l’a vu avec les violences organisées en France après la victoire en mai du PSG (qui ne compte que deux joueurs français titulaires: Ousmane Dembélé et Désiré Doué). D’autres se contentent de faire du business, comme les pays du Golfe – Quatar, Arabie Saoudite – qui investissent en Europe. D’autres, enfin, fonds de pension ou oligarques par exemple, possèdent des clubs pour faire circuler leur argent. Le système est en place et fonctionne comme sur des roulettes, tant que tout le monde joue le jeu: pays, clubs, arbitres, médias. Imaginons maintenant que ce ne soit plus le cas, que ceux qui gagnent ne soient pas ceux qu’on a prévu, que les Etats- Unis soient éliminés des le premier tour, que la finale mette face à face deux pays non « bankable », Corée contre Cote d’Ivoire par exemple, avec une désaffection des retransmissions dans le monde entier… mais non, aucun risque, ça ne peut pas arriver, tout restera dans l’ordre, sous contrôle. Tout ira bien. A moins, peut-être, qu’une mafia des paris en ligne, qui aurait organisé un jack-pot astucieux n’y mette le prix. Qui sait?